J'ai 130 ans d'expérience... ;-)

Mes 130 ans d'expérience, 2 générations... 80+50 ans...

Prière de l'artisan. Cliquez sur l'image !
Prière de l'artisan. Cliquez sur l'image !

Seul dans son atelier d'ébénisterie à Curepipe, îles Maurice, fin des années soixante, mon père se demandait ce qu'il allait faire après le départ des colons anglais, suite à l'indépendance.

 

La vie d'artisan était rude. Pas de travail, fini les restaurations de meubles des colons anglais et français.

 

Il se met dès lors à parcourir toute l'île Maurice sur son scooter, une Vespa orange, afin de trouver de vieux meubles et autres antiquités au sens vrai du terme dans l'idée de créer son propre magasin.

Commence alors l'achat-vente de pièces anciennes, pas seulement de meubles.

 

Et il commence à fabriquer, à la demande, pour les autochtones, des meubles, tables, chaises, armoires en bois local, le teckoma.

 

Cette demande prenant de l'ampleur, l'atelier prend son essor dans les années septante et emploie jusqu'à 40 ouvriers, complétés au fur et à mesure par ses neuf fils formés par les ouvriers, tous spécialisés, qui dans la quincaillerie, qui dans la fonderie, le décapage, le garnissage, le tournage, la sculpture, etc.

Une très grande famille.

Je garde un souvenir particulier du décapage du bois avec des morceaux de verre cassés. (Que nous pratiquons toujours lors des cours pour adultes, voire les stages enfants.)

 

La transmission de la passion du bois s'est donc faite au fil du temps dès mes treize ans. Mes frères et moi sommes donc devenus des ébénistes, restaurateurs de meubles et commerçants, naturellement.

 

La demande force mon père à s'agrandir et il développe la fabrication de maquette de bateaux en bois, spécialité typiquement mauricienne.

 

Si vous possédez une maquette du "Saint Gérard", du "Superbe", du "Cutty shark", ou encore du "Soleil Royal", j'ai peut-être travaillé dessus. IMAGES

 

Des commandes de meubles pour les hôtels de luxe, les chambres de mariés, voire pour l'exportation rythme la vie de l'atelier.

 

Suite à une rencontre, je me retrouve en 1996 en Belgique, déterminé à transmettre le savoir-faire d'un artisan mauricien.

 

Donat